Le témoignage des aidants

Madame GECCHELE :Mme GECCHELE

Comment s’est déroulé le début des interventions ?

 « Au début de la maladie de son conjoint, on est un petit peu perdu. On ne sait pas comment faire. C’est donc précieux d’avoir l’aide de personnes qualifiées, donc on n’est pas réticent qu’elles puissent nous donner des astuces ou des conseils.

Les professionnels aident à trouver les bons gestes.

Votre aide m’est précieuse et utile et je remercie chacun des intervenants. Le point d’amélioration pour moi ne concerne pas la toilette mais les 2 heures hebdomadaires d’activités avec mon mari : c’est difficile d’avoir des salariées qui savent comment s’y prendre. Et quand c’est le cas, il faut qu’elles reviennent régulièrement !

Monsieur CHAVENEAUMr Chaveneau

Que représente le fait d’être aidé dans son quotidien ?

« Depuis le début de la maladie il y a quelques années, j’ai vu l’état de sa santé se dégrader petit à petit. Dans la cuisine, il y avait des questions de sécurité lorsque les choses qui cuisaient sur le feu étaient renversées.

On a donc fait appel au service d’aide au départ pour du ménage. À la suite d’une opération, les déplacements sont devenus plus difficile, même à la cuisine. On fait donc procéder au repas et à la prise des médicaments. Pour la toilette, nous avons commencé avec les infirmières libérales, mais lever, toilette, coucher semblaient être faits en 10 minutes. Donc, j’ai vu avec l’association.
Désormais, c’est l’association qui s’occupe du lever et coucher, de la toilette (3 passages par jour).

Une bonne décision

Pendant une période, c’est moi qui assurais le ravitaillement, la préparation des repas et la prise des repas. Quand on est marié, avec des enfants et des petits enfants, il faut aussi songer à se préserver un petit peu. J’ai donc contacté à nouveau l’association qui procède maintenant à la préparation et à la prise des repas. Maintenant, je remplis le frigo mais l’association m’aide dans tous ces domaines.
Je remercie les responsables et toutes les intervenantes. C’est maintenant beaucoup plus simple parce que je lui rends visite tous les jours sans avoir de tâches à effectuer. Que ce soit les intervenantes du soin ou de l’aide, nous avons entière satisfaction.

 N’y a t-t-il pas eu de difficultés ?

Je dois dire qu’un jour elle a vu apparaitre… un homme ! La première fois, c’était compliqué, mais maintenant, quand l’aide-soignant se présente, cela ne pose plus aucun problème, au contraire. Je suis satisfait d’avoir pris cette décision concernant son suivi médical et de vie quotidienne.

 Y a-t-il trop d’intervenants différents ou des intervenants qui sont plus appréciés que d’autres ?

Non, pas du tout, il n’y a jamais eu ce sentiment. La seule chose qu’elle souhaite, c’est de savoir qui va venir. Elle est demandeuse de passages et de discussion avec tout le monde.

Débat : décharger les aidants d’une partie de leur tâche

Témoignage de la salle : Pour un proche, il est important de confier des actes de soins car cela permet de garder une relation sans être dans le devoir et la mission tous les jours auprès de son conjoint. Le message que vous portez serait à dire auprès de tous les aidants qui n’osent pas confier les soins.

Il y a aussi des problèmes financiers, mais que les associations peuvent aider à résoudre. L’essentiel est de garder une relation entre conjoints au-delà des charges de la vie quotidienne, une relation qui ne soit pas que dans le devoir.

 Mr CHAVENEAU : On a besoin de prendre du recul par rapport à la maladie d’un parent. Lorsqu’on y va, on y va sans la contrainte de tâches et d’actes.

Mme GECCHELE : C’est d’autant plus vrai lorsqu’on est aidant 24h/24 et qu’on n’a pas beaucoup d’heures de sommeil !

Isolement des aidants

Les intervenantes nous permettent de souffler mais elles constituent aussi des relations. En effet, la maladie fait que les gens s’éloignent et qu’on a l’impression d’être tout seul à gérer. Du coup, le matin, surtout si on a passé une mauvaise nuit, quand il y a une personne qui arrive avec le sourire, ça remonte le moral.