Une offre mandataire adaptée

Anjou Soins Services propose aux personnes qui souhaitent employer directement une ou plusieurs intervenantes une offre de conseil et de suivi pour que les salariées adéquates leur facilitent la vie à domicile.

Une Offre adaptée

Anjou Soins Services vous propose un choix de formule adaptée à vos besoins :

1/ Offre Confort Employeur

Nous réalisons :

  • Une aide à l’embauche en vous présentant des salariées dont la compétence a été prouvée dans d’autres situations et que nous suivons depuis plusieurs années.
  • un appui pour gérer d’éventuels problèmes se posant à votre domicile : vous n’êtes pas seul dans la relation avec votre salariée, mais nous pouvons être une ressource et un soutien.
  • La gestion administrative et fiscale de l’emploi (établissement du contrat, déclaration Urssaf, calcul charges sociales, établissement bulletin, attestation fiscale, attestation de salaires et lien CPAM en cas de maladie).
  • Un appui juridique et des conseils en cas de difficulté en tant qu’employeur.
  • Une information sur les évolutions de la législation sociale et des conseils sur le respect de la Convention Collective du Particulier Employeur (Congés payés, maintien de salaire, jours fériés).
  • Durant les congés payés de votre salariée : proposition d’une remplaçante pour une période d’au moins 3 semaines (idem en cas de maladie et de maternité).
  • Des remplacements ponctuels (pour un forfait de 50 €)

2/ Offre Confort et Continuité

En plus de l’offre précédente :

  • nous assurons un remplacement en cas d’absence (prévue et non prévue) de la salariée en mobilisant une équipe compétente.
  • nous assurons ainsi la continuité de service grâce à notre organisation (vivier, astreinte, recherche de personnes disponibles, etc.).

Les intervenantes du service mandataire

L’expérience professionnelle à domicile

L’expérience du service mandataire permet à Anjou Soins Services d’assurer :

  • La présentation de salariées expérimentées pour les actes de la vie quotidienne auprès de personnes retraitées ou non (assistante de vie I)
  • la présentation de salariées reconnues en capacité d’accompagner des personnes dépendantes (assistante de vie II) pour les tâches quotidienne et les actes essentiels.

Anjou Soins Services est l’association qui dispose d’un des services mandataires le plus important du département, au service d’une centaine de familles. L’association connait donc depuis le début de leur carrière professionnelle un certain nombre de salariées du particulier employeur. Des salariées d’Anjou Soins Services de différents niveaux de qualification peuvent également intervenir avec le service mandataire.

En cas d’indisponibilité des intervenantes sur les créneaux horaires demandés, le service présélectionne des candidatures en proposant son vivier, constitué par les entretiens de recrutement effectués par la Responsable des Ressources Humaines.

Rémunération des salariées

Les salariées sont rémunérées suivant la Convention Collective Nationale du Particulier Employeur.

Quels mécanismes à l’oeuvre dans ces situations ?

Romain Pager, psychologue

Les difficultés de se faire aider 

Comment expliquer que certaines personnes qui pourraient avoir recours à des aides ne le souhaitent pas ? Se faire aider chez soi, cela peut être une situation désagréable, donc je vais la fuir.
D’abord parce que gérer un problème soi-même génère de la satisfaction. Réussir à dépasser un problème tout seul sans demander aux autres, cela fait résonner une petite musique dans la tête : « je n’ai besoin de personne, en Harley Davidson… ». Renoncer à cette satisfaction de faire par soi-même, c’est pas facile !
Demander de l’aide, c’est aussi se rappeler qu’on ne sait pas tout faire. Pour certains, ça passe, pour d’autres, ça provoque de la tristesse. Si je ne sais plus faire cela, c’est que je suis bon à rien et c’est assez douloureux. Quand on a du mal avec ses propres limites, on va s’entêter à faire trop longtemps tout seul.

Accepter de l’aide, c’est entrer en relation avec une autre personne dont j’ai besoin. Celle personne, elle a des aptitudes techniques, elle sait qu’elle va pouvoir m’aider. En apparence, la relation d’aide n’est pas égalitaire : il y en a un qui est en haut car il peut faire, il sait faire, et l’autre est en bas car il ne peut plus faire.

Vivre une relation de dépendance

La personne qui a besoin d’aide, elle est dans le besoin, elle est dans une certaine forme de dépendance.
Attention, cette dépendance est réciproque : si plus personne n’a besoin d’aide, le professionnel d’aide ou de soin ne peut plus jouer son rôle !

Mais on vit très différemment cette relation de dépendance.
Pour certains, quand ils étaient petits, ils ont appris à faire confiance aux adultes dont ils étaient dépendants (parents, instituteurs). Si cette relation s’est bien passée, la relation de dépendance ne leur fait peut-être pas trop peur.

D’autres ont croisé dans leur première relation de dépendance (l’enfance) des adultes toxiques qui les ont dévalorisés par des propos ou des attitudes. J’ai été blessé, je ne veux pas que cela recommence, alors je fuis comme la peste toute relation de dépendance, je fais tout ce que je peux pour n’avoir à dépendre de personne. Je préfère rester avec mes problèmes que de prendre le risque de me mettre en situation de dépendance.

Mais il y a aussi la résilience, c’est-à-dire notre capacité de guérison. Cette capacité s’active dans des rencontres parce qu’on a une approche particulière avec un proche ou avec un salarié.

Domicile, lieu de ma liberté

Intervenir à domicile, cela n’est pas anodin. Le domicile est le lieu de l’intimité. C’est aussi le lieu de mon identité, la meilleure façon de me connaitre. C’est aussi le lieu de ma liberté : chez moi, c’est le dernier endroit où je consentirai à ce qu’on m’impose des choses. À l’hôpital, oui, c’est normal, il y a des règles ; mais pas chez moi, c’est un sanctuaire ! 

Les différents stress dans la relation d’aide

La première intervention à mon domicile provoque forcément un stress car c’est une nouveauté, il faut que je m’adapte à une nouvelle situation. Ce stress diminue au fur et à mesure qu’on se connait : on passe au plaisir de la rencontre.
Mais le premier stress peut être prolongé par un stress du désaccord. Celui-ci va être vécu par les deux : le professionnel et la personne aidée. Soit que la personne ait des attentes que le professionnel ne peut pas réaliser, soit que la structure pose des conditions difficiles à supporter par l’adhérent. À ce moment-là, on n’est plus dans la rencontre, mais dans la négociation tendue qui parfois se renouvelle chaque jour.
C’est la deuxième phase du stress, c’est la phase de résistance : je connais la situation, je sais qu’elle est pénible et je dois tenir le coup. Dans cette situation, on risque de se fatiguer et d’arriver à la dernière phase du stress, celle de l’épuisement.

Heureusement, en cas d’épuisement, il peut suffire de quelques jours de vacances de l’aidant familial ou de l’aidant professionnel pour prendre du recul.

Quelques ficelles

Pour garder la satisfaction de faire par soi-même (Harley Davidson) il faut éviter le plus possible de faire à la place. Je vous fournis juste l’aide dont vous avez besoin, pas plus. Parfois, cela gagne du temps de faire à la place, mais si on se retrouve en conflit, on commence à en perdre beaucoup.

Il faut prendre conscience que la confiance peut venir avec beaucoup de temps. Les personnes blessées n’accordent pas la confiance rapidement.

 Une interdépendance ?

La dépendance ne concerne pas que les petits enfants et les vieillards. On est tous dépendants : de notre employeur, de notre conjoint, de la crèche, de l’école, vis-à-vis de fournisseurs, etc.

Moi qui suis un professionnel de l’aide, je ne sais pas tout faire et moi aussi je demande de l’aide. On a le droit aussi de dire « vous avez besoin de moi, oui, mais moi aussi j’ai besoin de vous car j’ai choisi un métier de relation ».

On peut aussi demander à l’adhérent de nous aider à l’aider. Comme dit tout à l’heure, l’intérêt de rentrer dans une réciprocité : nous apprendre quelque chose, une recette, etc.

Le rôle des responsables

Une mise en place progressive des services

Dans un début de prise en charge, comment fait-on accepter un accompagnement professionnel ?

Isabelle Grimault, responsable de secteur : au SAD (service d’aide), si on est en sortie d’hôpital, l’assistante sociale a déjà fait une partie du travail car elle a déjà dialogué avec la famille et évalué les besoins. Elle a même souvent fait un dossier de demande de prise en charge financière. Donc, les conditions sont plus faciles car la personne est consciente qu’elle a besoin d’une tierce personne à domicile.

Autre cas, les enfants nous demandent une aide. Parfois la personne âgée n’en veut pas.
Pour de l’entretien du logement, on va proposer par exemple 2 heures tous les 15 jours, ce qui rend l’aide plus acceptable. Pour l’aide à la toilette, on va proposer une aide au shampoing ou une aide au bain de pieds. S’il n’y a pas d’incontinence, il ne faut pas mettre d’enjeu là où il n’y a pas de raison d’en avoir. D’autant plus qu’il y a bien sûr la pudeur et la difficulté à se dévêtir devant une personne qu’on ne connait pas.

La personne peut aussi être dans le déni de son incapacité : on prend le temps.

Pour une personne incontinente qui refuse la toilette, là aussi on prend le temps, on annonce qu’on va ressayer le lendemain. Petit à petit, cela vient, d’autant plus qu’on n’en fait pas un enjeu.
Dans un cas spécifique de quelqu’un d’incontinent qui refusait totalement l’intervention des aides à domicile, nous nous sommes retournés vers le SSIAD (service soins) qui a démarré la prise en charge et qui a fait tout un travail d’acceptation de la personne, qui a mis en place des habitudes, un rituel quotidien. Or c’était un cas simple pour le SSIAD. Il a passé le relais au bout d’un mois au SAD. Cela nous a beaucoup facilité les choses car la personne avait pris des habitudes. Il savait que quelqu’un venait tous les matins.

Laurence Foschia, infirmière coordinatrice : lorsqu’une demande arrive au SSIAD, c’est qu’il est temps de faire quelque chose vis-à-vis de la toilette. Avec une prescription médicale, on écoute la personne (ou sa personne de confiance) pour étudier ses besoins et adapter nos interventions.

Réajuster les interventions

Quelle remontée de terrain entend-on de la part des intervenantes lors des 1ères semaines de prise en charge ?

Dès le début de notre prise en charge, nous réajustons les interventions pour prendre en compte ce que disent les patients ou leur famille. Les soignantes font des remontées tous les jours et nous pouvons réajuster les prises en charge immédiatement.
On ne peut pas forcer quelqu’un à se laver ou à faire quoi que ce soit. Les soignantes attendent l’acceptation pour faire avec. Il faut le temps que la personne se rende compte que l’aide qu’on lui apporte est effectivement nécessaire. Si on commence à faire contre, cela ne sera valorisant pour l’un ni pour l’autre.

En cas de dégradation de l’état de santé, l’acceptation d’être aidé de façon supplémentaire est-elle facile ? Quel est le rôle d’une responsable dans ce cadre ?

Nous réajustons souvent nos interventions pour tenir compte de l’état de santé et des besoins de la personne. Mais il est vrai que cela demande des réaménagements parfois du domicile avec l’introduction de nouveau matériel (barres, verticalisateur, lit médicalisé).

Outiller le domicile

Ce matériel n’est pas toujours facile à accepter. Mais les personnes comprennent que c’est pour qu’elles soient aidées le mieux possible par les professionnels. Cela demande parfois de bouger les meubles mais cela va permettre que tout soit plus facile dans la vie quotidienne à domicile.
Soyons franche, moi aussi j’aurai du mal à accepter de tout bouger dans ma maison. Le tout est de bien comprendre l’utilité de tel ou tel matériel.

Vous êtes nos yeux pour réajuster la prise en charge

Isabelle : les remontées d’informations ne sont pas importantes que dans les débuts de prise en charge : c’est important de bien suivre les situations dans le temps. À partir du moment où on vous envoie sur une situation, vous devenez nos yeux et nos oreilles. Je fais absolument confiance aux aides à domicile pour me remonter tous les points importants d’évolution des situations. C’est avec cette communication qu’on peut faire du bon travail.

Notre adaptation à la situation, c’est par exemple permettre chez un monsieur, à la suite d’un problème d’incontinence, de faire évoluer nos 2h30 une fois par semaine d’entretien du logement, en ½ heure d’aide à la toilette tous les matins.

La relation d’aide marche dans les deux sens – la réciprocité

Témoignage de la salle : l’échange est important entre patients et professionnels, mais il faut aussi de la réciprocité. Ce qui marche dans un sens doit aussi marcher dans l’autre. Pour se faire confiance, il faut de la réciprocité. J’en parle d’autant plus qu’avant d’être en fauteuil, j’étais aide-soignante.

 Témoignage de la salle : ce qui est important pour les aidants, c’est de pouvoir se décharger de la coordination des interventions.

 


 

La parole des professionnels

Dans les premières interventions

Quelles sont les difficultés habituelles dans la relation au début d’une prise en charge ?

Laurence Gueguen et Elisabeth Bourdeau

Laurence Gueguen et Elisabeth Bourdeau

 

Laurence Gueguen, auxiliaire de vie sociale : la première difficulté, c’est d’accepter notre intrusion dans votre milieu de vie, accepter notre aide et devoir laisser une tierce personne faire à sa place. C’est plus difficile quand on n’a pas les mêmes habitudes de faire les choses.

 Se donner sa chance et s’apprivoiser

Élisabeth Bourdeau, auxiliaire de vie sociale : je pense qu’il faut qu’on s’apprivoise lors des premières rencontres. Les premiers contacts ne sont pas toujours faciles mais il faut se donner un petit peu de temps pour se découvrir et voir si ça va marcher ou pas.

 Comment se fait-on accepter, comment se situer par rapport à quelqu’un qui dit ne pas avoir besoin de nous ?

Cette acceptation va se faire progressivement. Nous devons rassurer la personne, être à son écoute.

 Il faut laisser à la personne le libre arbitre de ses désirs, lui laisser toute sa place. Nous devons respecter les lieux et son histoire de vie.

 Ne pas démarrer une situation d’aide en imposant les choses

Nous devons aussi accepter dans un premier temps le refus de notre aide, et rester dans la communication et l’écoute pour pouvoir avancer progressivement.
S’il y a vraiment des difficultés, on se retourne vers l’équipe pour réadapter la prise en charge.

Il arrive souvent qu’on ne fasse pas tout ce qui est prévu pour une nouvelle prise en charge. On ne va pas bousculer la personne. Il faut être dans le désir de la personne. Imposer serait contradictoire avec l’aide que l’on doit apporter.
L’aide se fera toujours avec la personne, jamais sans. L’aide qu’on va apporter à la personne ne sera pas la même d’un jour sur l’autre. Elle ne sera pas la même qu’avec une autre personne. Il nous faut toujours réadapter notre travail à chaque personne.

 Comment gérer l’insatisfaction des personnes qui n’ont pas demandé à être accompagnées chez elles ?

Élisabeth : il arrive qu’on soit mal accueillie : « ce n’est pas à cette heure-là que vous deviez venir… » etc. Je dis alors : je suis là, après vous pourrez téléphoner à la responsable si vous le souhaitez. Et au moment de partir, la personne me dit que finalement, l’horaire lui convient très bien. Derrière tout cela, il y a la crainte que je prenne le contrôle de ses horaires, c’est-à-dire de sa vie. Je lui fais comprendre que c’est elle qui décide.

 Laurence : le plus important, c’est de rester en communication avec la personne et de faire avec elle selon ce qu’elle souhaite. S’il y a du silence, on accepte le silence.

Dans un accompagnement de longue durée 

Comment dure-t-on au domicile d’une personne ? Comment vit-on des relations de confiance dans la durée ?

Dans toutes les relations qu’on a au quotidien avec les personnes, il y a de l’émotion et c’est à nous de mettre une certaine limite. Par exemple, il ne faut pas prendre une place plus importante que celle de la famille.
Souvent des personnes me disent : « ah, vous êtes ma fille !». C’est gentil, ça part d’une intention délicieuse. Il est important de savoir comment se placer par rapport à cela, de ne pas accepter trop de choses qui nous mettraient en déséquilibre par rapport à la famille.

 Être professionnel

Il faut toujours être conscientes qu’on est des professionnelles assurant le soutien de personnes à domicile et que c’est comme cela que nous devons être vues.

 On n’est pas toute seule sur une situation

Élisabeth : attention également à ne pas créer de relation de dépendance. Par exemple, quand on travaille pendant plusieurs années avec une personne et qu’au départ, on a commencé toute seule sur la situation pour mettre en place plein de choses, il est important de s’ouvrir à ses nouvelles collègues. On n’est pas toute seule sur une situation ; il faut faire de la place aux collègues. Nous, ça nous permet de prendre du recul, et la personne comprend qu’il y a toute une équipe derrière. Sinon, on est dans la dépendance, et lorsqu’on va partir, cela va poser des problèmes. Oui, les professionnels peuvent, de façon involontaire, être dans le risque de possession 

 Comment faire lorsqu’on quitte cette situation pour d’autres usagers ?

Laurence : malgré l’habitude qu’on a avec les personnes et les relations qu’on a tissées, si on a gardé un peu de recul, cela rend la chose plus facile, pour préparer le départ. Ce que je préconise, c’est de pouvoir lui présenter la nouvelle intervenante afin que la personne puisse apprendre à la connaitre. Il faut aussi expliquer clairement les motifs de notre départ à la personne. Le fait d’être clair avec la personne, cela fait partie de notre professionnalisme aussi.

 Savoir s’éclipser

Élisabeth : en s’impliquant moins du point de vue émotionnel, on peut quitter plus facilement une situation. En présentant notre nouvelle collègue, cela se fait plus facilement.
Lorsqu’on est depuis plusieurs années chez quelqu’un, cela peut être bénéfique de se faire remplacer, pour la personne et pour nous. Il faut se préparer à pouvoir s’éclipser.

Laurence : Cela permet d’apporter un regard neuf sur la prise en charge. Cela permet d’éviter la routine. Une nouvelle intervenante va pouvoir apporter quelque chose de plus, mieux déceler l’évolution de la situation de la personne.

 

Le témoignage des aidants

Madame GECCHELE :Mme GECCHELE

Comment s’est déroulé le début des interventions ?

 « Au début de la maladie de son conjoint, on est un petit peu perdu. On ne sait pas comment faire. C’est donc précieux d’avoir l’aide de personnes qualifiées, donc on n’est pas réticent qu’elles puissent nous donner des astuces ou des conseils.

Les professionnels aident à trouver les bons gestes.

Votre aide m’est précieuse et utile et je remercie chacun des intervenants. Le point d’amélioration pour moi ne concerne pas la toilette mais les 2 heures hebdomadaires d’activités avec mon mari : c’est difficile d’avoir des salariées qui savent comment s’y prendre. Et quand c’est le cas, il faut qu’elles reviennent régulièrement !

Monsieur CHAVENEAUMr Chaveneau

Que représente le fait d’être aidé dans son quotidien ?

« Depuis le début de la maladie il y a quelques années, j’ai vu l’état de sa santé se dégrader petit à petit. Dans la cuisine, il y avait des questions de sécurité lorsque les choses qui cuisaient sur le feu étaient renversées.

On a donc fait appel au service d’aide au départ pour du ménage. À la suite d’une opération, les déplacements sont devenus plus difficile, même à la cuisine. On fait donc procéder au repas et à la prise des médicaments. Pour la toilette, nous avons commencé avec les infirmières libérales, mais lever, toilette, coucher semblaient être faits en 10 minutes. Donc, j’ai vu avec l’association.
Désormais, c’est l’association qui s’occupe du lever et coucher, de la toilette (3 passages par jour).

Une bonne décision

Pendant une période, c’est moi qui assurais le ravitaillement, la préparation des repas et la prise des repas. Quand on est marié, avec des enfants et des petits enfants, il faut aussi songer à se préserver un petit peu. J’ai donc contacté à nouveau l’association qui procède maintenant à la préparation et à la prise des repas. Maintenant, je remplis le frigo mais l’association m’aide dans tous ces domaines.
Je remercie les responsables et toutes les intervenantes. C’est maintenant beaucoup plus simple parce que je lui rends visite tous les jours sans avoir de tâches à effectuer. Que ce soit les intervenantes du soin ou de l’aide, nous avons entière satisfaction.

 N’y a t-t-il pas eu de difficultés ?

Je dois dire qu’un jour elle a vu apparaitre… un homme ! La première fois, c’était compliqué, mais maintenant, quand l’aide-soignant se présente, cela ne pose plus aucun problème, au contraire. Je suis satisfait d’avoir pris cette décision concernant son suivi médical et de vie quotidienne.

 Y a-t-il trop d’intervenants différents ou des intervenants qui sont plus appréciés que d’autres ?

Non, pas du tout, il n’y a jamais eu ce sentiment. La seule chose qu’elle souhaite, c’est de savoir qui va venir. Elle est demandeuse de passages et de discussion avec tout le monde.

Débat : décharger les aidants d’une partie de leur tâche

Témoignage de la salle : Pour un proche, il est important de confier des actes de soins car cela permet de garder une relation sans être dans le devoir et la mission tous les jours auprès de son conjoint. Le message que vous portez serait à dire auprès de tous les aidants qui n’osent pas confier les soins.

Il y a aussi des problèmes financiers, mais que les associations peuvent aider à résoudre. L’essentiel est de garder une relation entre conjoints au-delà des charges de la vie quotidienne, une relation qui ne soit pas que dans le devoir.

 Mr CHAVENEAU : On a besoin de prendre du recul par rapport à la maladie d’un parent. Lorsqu’on y va, on y va sans la contrainte de tâches et d’actes.

Mme GECCHELE : C’est d’autant plus vrai lorsqu’on est aidant 24h/24 et qu’on n’a pas beaucoup d’heures de sommeil !

Isolement des aidants

Les intervenantes nous permettent de souffler mais elles constituent aussi des relations. En effet, la maladie fait que les gens s’éloignent et qu’on a l’impression d’être tout seul à gérer. Du coup, le matin, surtout si on a passé une mauvaise nuit, quand il y a une personne qui arrive avec le sourire, ça remonte le moral.

Aider, être aidé, pas si facile !

Pour l’association, les réalités du soutien à domicile sont mal connues du grand public : c’est pourquoi elle organise les Pastille-rencontres-2014Rencontres du Domicile pour contribuer à faire dialoguer les bénéficiaires et les acteurs de l’accompagnement à domicile.
Le 2ème débat organisé a permis de faire le point sur la relation d’aide vue du côté des usagers, des aidants familiaux et du côté des salariés.

Retrouvez dans cet espace l’expression de chacun et les débats avec les 250 participants de cet échange du 30 janvier 2014, au Centre Jean Vilar d’Angers.

Visions croisées aidant familial – aidant professionnel

La relation d’aide : l’apport de  Romain PAGER, Psychologue
Se faire aider : quels mécanismes d’acceptation ou de résistance ? Comment les professionnels peuvent-ils se positionner ? Quels ressorts psychologiques dans la relation d’aide ?

En conclusion, Chantal APPARAILLY, responsable du réseau de santé PASS’AGE a souligné l’intérêt d’avoir dans le même après-midi des personnes aidées, des proches et des professionnels. On peut remarquer le cheminement indispensable chez les personnes aidées, mais aussi l’apprivoisement réciproque entre les bénéficiaires et les salariés.
Vous pouvez retrouver l’ensemble du compte-rendu des débats (pdf 8 pages ci-dessous) avec le détail de la conclusion.PDF